Réflexions sur les impacts de l’IA sur le monde du travail

Résumé : Quel sera l’avenir des experts-comptables en 2029 ? C’est ce que ce texte prospectif tente d’anticiper, de la façon la plus fidèle et réelle possible.

Nous sommes le 2 septembre 2029. Après 4 semaines de vacances sous les palmiers, c’est la reprise du travail pour Stéphane KISS, expert-comptable associé dans un cabinet de la région d’Occitanie. Il a le sourire et pour cause son assistant J.A.R.V.I.S. (Just A Rather Very Intelligent System) a déjà trié les priorités de la journée. Clin d’œil du concepteur de cette IA à l’univers MARVEL, il reprend également la voix du célèbre assistant d’IRON MAN. Stéphane aime répéter à ses enfants qu’il est devenu le nouveau Tony Stark de la compta.

Robot

Et pourtant, les publications dans la presse économique des dernières années n’étaient pas très optimistes et annonçaient régulièrement en gros titres, la disparition de la profession. En effet, selon certains prédicateurs, l’expert-comptable faisait partie de ses professions particulièrement exposées au développement de l’IA. Mais plutôt que de disparaître, le métier a muté. Humains potentiellement remplacés à humains augmentés. Globalement, on a plutôt assisté à des regroupements, destinés à mutualiser les moyens pour répondre aux enjeux du numérique. L’émergence de nouvelles missions telles que l’accompagnement au numérique des TPE-PME ou encore la délégation des règlements des créanciers, a permis de booster l’activité des experts comptables. Au cours de la décennie précédente, le cabinet de Stéphane avait initié cette transformation en étant un des premiers à investir dans des outils numériques novateurs développés par des start-up partenaires ou initié par l’ordre des experts-comptables toujours composés d’humains :

• Récupération des factures dématérialisées via un portail centralisé et sécurisé.

• GED (Gestion Electronique des Documents) novatrice et partagée.

• EasyRecord – logiciel comptable permettant l’enregistrement automatique des factures et des flux bancaires récupérés quotidiennement et le rapprochement entre les deux.

La facture au format papier avait été définitivement remplacée par sa version électronique. Le système reconnaissait automatiquement tous les champs des factures, pour identifier à la fois les clients et les fournisseurs, les imputer et les archiver en temps réel. L’algorithme apprenant rapidement de lui-même, Stéphane ne pouvait que constater l’absence d’erreurs dans la traduction comptable des documents.


Les datas contrôleurs (ex-collaborateurs), autrefois submergés par les documents papiers, se consacrent désormais à contrôler la bonne intégration des données, à piloter leur archivage, à arbitrer les flux de trésorerie des clients, à réagir en temps réel au moindre signe de difficultés.


• FastReport – application de gestion développée permettant de présenter des indicateurs de gestions quotidiennement en instantané avec comparaison des principaux acteurs du secteur ainsi qu’une modélisation prédictive sur les mois à venir de l’activité et des flux de trésorerie à venir.

• Paytax – logiciel développé conjointement par le ministère de l’intelligence artificielle et de la protection des données personnelles et du ministère des Finances, qui se charge de calculer et recouvrer automatiquement certains impôts, notamment la nouvelle TIA (Taxe sur l’Intelligence Artificielle),et la controversée TEE (Taxe pour l’Écologie et l’Environnement)

• J.A.R.V.I.S. a été installé au sein du cabinet. Sorte de « chatbot » ou nouvel assistant virtuel et vocal, et a permis de lier les différents systèmes révolutionnant ainsi le quotidien des data contrôleurs.
o Ce système traite les ¾ des questions des clients, tout en leur apportant une réponse personnalisée et instantanée. Les data contrôleurs ne résolvent plus que les cas particuliers et autres anomalies.
o J.A.R.V.I.S. se chargeant d’effectuer les relances des impayés clients et des relations fournisseurs.

Délesté des problèmes administratifs quotidiens, et disposant d’une information large précise et instantanée, Stéphane est devenu une vigie pour ses clients en les alertant en temps réel des opportunités, ou des signes de difficultés à anticiper.

L’avènement de ces nouvelles technologies a offert au plus grand nombre la possibilité de réaliser leurs états financiers. Face à la multiplication des scandales financiers et autres fraudes fiscales, la signature de l’expert-comptable est devenue incontournable et le gage de fiabilité recherchée. Sa signature électronique, permettant également de garantir l’authenticité des documents et des informations qui transitent par son cabinet.

Alerté par un petit message sonore de son fidèle assistant virtuel, Stéphane enfile son casque VR pour une conférence avec un client et d’éventuels partenaires financiers. Comme l’avait pronostiqué Mark Zuckerberg en 2019, la VR a supplanté l’utilisation du portable dans les modes de communication. Une fois la conférence terminée, Stéphane repense au chemin parcouru ses dernières années. En 2019 l’expert-comptable l’analyse des données était plutôt rétrospective, alors qu’aujourd’hui grâce à l’IA, il est en symbiose avec le cycle de vie de l’entreprise et de son dirigeant, car il analyse le bilan avec son client en janvier afin de prévoir les évolutions et les ajustements à mettre en place sur la nouvelle année. La valeur apportée par l’Expert-Comptable et son équipe à l’entreprise n’a jamais été aussi forte qu’aujourd’hui en 2029 !

Co-écrit par Antoine Heran et Gianni Culos, Experts-Comptables

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