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Chronique d’un NXU 8 : NBIC humanistes, l’enjeu de demain

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 Chronique d’un NXU 8 : NBIC humanistes, l’enjeu de demain

Pourquoi rendre les NBIC humanistes ? C’est la question posée dans cette chronique écrite par Eric Le Caer, membre de NXU et rédacteur de la 8ème chronique d’un NXU. Embarqué dans une analyse riche de théologie, d’histoire, d’économie et de littérature afin de mieux comprendre les enjeux qui nous attendent.

 

Histoire et économie ; un passé riche d’enseignement

La Bible nous enseigne que, le 6è jour, Dieu créa l’Homme à son image. Mais quelques temps plus tard, pour avoir croqué dans le fruit de l’Arbre de la Connaissance, il le chassa du Jardin d’Eden, et nos vies furent changées à jamais.

L’Histoire nous apprend qu’au cours des siècles, l’Homme inventa toutes sortes de machines, afin de se faciliter la vie, et de profiter au mieux de la nature et de ce qu’elle pouvait nous offrir. Les dernières décennies nous ont montré que, parfois, ces avancées technologiques avaient des conséquences sur la santé de la planète que nous allons léguer à nos enfants.

De nouveaux messies nous annoncent une vie éternelle pour bientôt, sans maladie, avec des capacités intellectuelles décuplées, et des machines tellement intelligentes, qu’elles créeront elles-mêmes d’autres machines encore plus intelligentes, si bien que l’Homme sera amené à disparaître ou, au mieux, à devenir esclave de ces machines.

Le fait est que depuis l’avènement de la micro-informatique dans les années 80 et d’internet une décennie plus tard, notre vie a totalement changé, et que tout s’accélère. La loi de Moore nous rappelle à son bon souvenir tous les 18 mois.

D’une part les avancées médicales, qui allongent notre espérance de vie, d’autre part les avancées technologiques qui nous la facilitent tous les jours ont eu un impact énorme sur nos habitudes, nos valeurs, nos façons de penser. Et nous sommes aujourd’hui, à l’aube d’une nouvelle ère. Un peu comme nos arrières grands parents lorsqu’ils ont vu les premiers chemins de fer, ou les premières machines volantes, qui allaient réduire le temps et les distances.

Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et Sciences Cognitives, tous ces nouveaux savoirs abrégés sous l’acronyme NBIC sont ceux de l’avenir, ceux qui vont changer nos vies à tout jamais.
Tous les jours ou presque, on nous annonce des avancées spectaculaires.

 

Les messies 2.0

Tous les jours ou presque, de nouveaux mages, de nouveaux devins, de nouveaux Nostradamus nous annoncent, au mieux, le meilleur des mondes, au pire, sa fin, dans un chaos mondial dominé par des robots et leur intelligence artificielle (un bien bel oxymore).

Les néophytes, que nous sommes majoritairement, se posent donc la question de ce que sera notre avenir, et surtout celui de nos enfants.

De quoi sera fait notre futur ? Comment cette société que l’on nous prépare pourra-t’elle intégrer l’ensemble des populations ? Y aura t’il des laissés pour compte ?

Certains resteront-ils sur le bord de l’autoroute du progrès ?

Indéniablement, les avancées scientifiques récentes, et surtout celles qui restent à venir vont transformer nos vies.

Cancer, sida ou Alzheimer ne seront plus que des maladies bénignes que l’on soignera comme un simple rhume d’ici quelques années.
Internet, portables ou hologrammes nous permettront de communiquer à la vitesse de la lumière, voire de nous déplacer aussi vite.

Les modifications du génome humain feront de nous des êtres supérieurs, en intelligence, en santé, en puissance physique.

Les robots travailleront à notre place, et nous pourrons ainsi retrouver le Jardin d’Eden dont Adam et Eve avaient été chassés.

 

Le meilleur des mondes ?

Indéniablement, les avancées scientifiques récentes, et surtout celles qui restent à venir vont bouleverser nos vies.

Cancer, sida ou Alzheimer ne seront plus que des maladies bénignes, mais d’autres encore plus redoutables apparaitront, comme à chaque fois que l’on arrive à en traiter une.

Internet, portables ou hologrammes feront de nous des individus de plus en plus fichés, traqués, et plus rien ne nous appartiendra.

Les modifications du génome humain, qui, immanquablement tomberont entre de mauvaises mains seront le début d’une apocalypse.

Les robots travailleront à notre place, et nous arriverons dans une société telle que celle décrite par Aldous Huxley dans « le meilleur des mondes ». L’horreur absolue.

Choisis ton camp camarade !

Et gare à celui qui ne sera pas d’accord avec celui qui pense le contraire. Et vice-versa.

Le débat est trop grave pour ne pas trancher de façon définitive.
Il faut d’ores et déjà choisir entre le côté obscur de la Force ou son côté lumineux.

Personnellement, je pense que, comme souvent, la vérité se trouve entre les 2.

Et, finalement, qu’est ce qui fera pencher la balance d’un côté ou de l’autre, si tant est qu’elle bascule un jour ?

L’âme humaine, avec ses travers et ses défauts. L’âme humaine avec sa raison et son amour du bon sens.

 

Les forces en présence

D’un côté, nous avons les leaders actuels, ceux qui font bouger le monde, avec une puissance financière comme jamais le monde économique n’en n’a connu. On leur a même trouvé un joli nom : les GAFA. Mais l’acronyme pourrait s’allonger tant le nombre de sociétés est important. Il faut y inclure Oracle, Samsung, Tesla, Cisco, IBM, Microsoft, Monsanto et bien d’autres.

De l’autre nous avons … nous. Les utilisateurs, les clients, les fichés. Bien moins puissants, mais beaucoup plus nombreux.

Eux, se prennent pour les nouveaux maîtres du monde, car les places étaient libres, laissées vacantes par des dirigeants gérontocrates souvent dépassés par la technologie. Ils sont su s’entourer de cerveaux, de chercheurs, de scientifiques, de professeurs Tournesol, qui, chaque jour font de nouvelles percées.

Les Bill Gates, les Elon Musk, les Larry Ellison, les John Chambers, les Mark Zuckerberg…

Nous, nous sommes leurs clients. C’est vrai qu’à bien nous regarder, nous avons tous nos Samsung Sx ou I-phones x à portée de main, pour ne rien rater de ce qui se passe sur Facebook ou Twitter, via Google, ou pour jouer à candy crush.

Nous sommes effectivement devenus esclaves malgré nous, et malgré toutes nos dénégations.
On en est même arrivés à l’idée ubuesque de faire voter une loi qui s’appelle « le droit à la déconnexion ». C’est drôle non ?

 

Les GAFA auraient-ils gagné ?

Nos enfants et petits-enfants auront-ils encore leur mot à dire ?

C’est peut-être là que réside le danger, car, parallèlement à ces facilités extrêmes d’accès aux informations, nous assistons à un appauvrissement accéléré des connaissances, et donc, de la conscience, qui fait de nous des êtres en haut de la chaine alimentaire.

Nous sommes la dernière génération qui a appris à apprendre.

L’Histoire, la langue maternelle, la philosophie, la géographie, l’orthographe, la grammaire ne sont plus que des matières vidées de leurs sens dans nos écoles.

Les enfants ne jurent plus que par YouTube ou les réseaux sociaux, et les livres sont remplacés par des tablettes, connectées à … Google.

Ce qui a fait que l’Homme était Homme, c’est à dire sa conscience, son libre arbitre, la liberté de croire ou ne pas croire, tout cela est en train de disparaître, petit à petit, insidieusement, sous prétexte de facilité et de rapidité.

Le basculement dont je parlais plus haut, du côté lumineux ou du côté obscur, se fera en fonction de ce que nous inculquerons à nos enfants.

C’est de notre devoir de les mettre en garde contre ce danger qui nous guette, qui LES guette : celui de devenir esclaves de quelques nouveaux « Big Brothers ».

Il est temps de redevenir des humains, ceux qui furent créés à l’image de Dieu, car, quitte à comparer des religions, celles qui nous influencent peu ou prou depuis des siècles, et malgré tous les travers qu’on leur connaît, seront bien moins dangereuses que la nouvelle que l’on souhaite nous imposer.
Car elles avaient cela de différents qu’elles faisaient la part belle à l’Humain.

 

Eric Le Caer, membre et rédacteur de NXU

Affiche de 1984 de Georges Orwell par Frédéric Guimont, crédit Wikipedia

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