Luc Marta de Andrade

Débat d’un NXU 1 : critique de la critique

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Débat d’un NXU 1 : Critique de la critique

Voici la réponse de NXU à Hubert Guillaud (journaliste et écrivain) pour son article de critique et de déconstruction du discours de Laurent Alexandre. Gros débat en perspective…

 

J’ai lu avec intérêt votre « déconstruction du discours du techno-prophète Laurent Alexandre ».

Apparemment les propos de Laurent Alexandre vous ont particulièrement exaspéré. Votre exposé, néanmoins remarquable, m’a provoqué le même effet.  Avec une présentation plus profonde, en apparence moins simpliste, vous êtes tout autant péremptoire.

Posture de principe plus que de fond

« J’en ai certainement bien trop entendu pour en envisager seulement les probabilités ». Cette phrase en dit long… Plutôt que de regarder le fond, la forme vous agace tellement que vous rejetez tout en bloc. Pour l’intellectuel que vous semblez laisser paraître c’est décevant.

 Les spéculations sur les différentes formes d’IA relèvent selon  vous de la religion. Vous pouvez par conséquent vous passer de la remarque, quelques lignes plus haut, à propos de son point de vue sur le réchauffement climatique.

Je partage avec vous le fait de dire que Laurent Alexandre conclue beaucoup trop vite. Notamment sur l’IA. Même sur les biotechnologies. Mais soyons clair : je parle de conclusion hâtive. Il ne s’agit surtout pas de dire qu’il a tort. Parce que je ne le sais pas. Et je ne vous crois pas plus en capacité de le savoir. Ces sujets là méritent le doute et la profondeur de réflexion. 

Sauf si vous êtes généticien ou biologiste, Laurent Alexandre me semble avoir plus de compétences que vous ou moi en bio-technologies. Dans ce domaine, il a donc la capacité d’avoir plus facilement une approche conclusive que nous.

Bouleversements inévitables de l’IA 

Vous ne pouvez contourner l’impact de l’IA avec autant de facilité. Je suis effectivement réservé sur le téléchargement de consciences dans une IA. Pour autant n’excluons pas le risque de difficilement la contrôler. Ni même qu’il y ait un impact majeur sur l’économie et l’emploi. Et les bio-technologies ? Doit-on passer sous silence leur impact sur l’humanité ? Demiurgique ? Eugénique ? Et les GAFAS travaillant sur ces technologies en transversalité à l’instar d’Elon Musk ? Avec le risque de devenir un pouvoir politique mondial. Que fera notre démocratie Française ultra dépensière ? Est-ce de l’imagination  selon vous ?

De même que l’on ne peut refuser le débat de la formation dans ce monde qui bouge. De l’adaptation nécessaire mais trop tardive de notre système éducatif.

Il y a une contradiction dans votre refus de considérer l’intelligence comme pouvoir. S’interroger sur le sujet pose le problème social de l’inévitable inégalité qui sera engendrée et aggravée. Même si il y a autre chose que l’intelligence dans la vie ! Ça ne change, ni n’occulte, le problème. 

Je vous vois évoquer les délires d’hyper croissance de Laurent Alexandre. Que faut-il comprendre sans cette remarque ? On vous subit à notre tour ! Posture dogmatique hors sujet… Pour un individu en crise de délire utra-capitaliste, je le trouve plutôt socialisant en abordant les inégalités et en pensant une réglementation globale.

L’éthique un travail de fond plus qu’une approche humaniste

Et l’éthique dans tout ça ? Selon vous la différenciation entre l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité est dépassée. Rien que ça ! Pauvre Weber. Tout ça pour ça ? Vous pouvez dénoncer Laurent Alexandre qui enchaîne les simplifications. Pour le coup vous ne faites pas mieux.

Je partage le fait qu’il y ait une nécessaire dialectique réflexive entre les deux types d’éthique. Or c’est d’une modernité absolue! Citer Aristote et l’éthique de l’humilité devant l’acte… relève de quelle époque ? Si « ça » n’est pas dépassé ? Que l’individualisation dérive de l’acte d’éthique, c’est beau, c’est poétique, mais ça n’apporte rien au débat en cours. C’est et c’est tout ! 

Vous citez Cinthya Fleury. Elle est certes intéressante, mais c’est surtout une psychanalyste.  Vous le dites vous-même : l’éthique comme procédure de re-subjectivation. Tout un programme… 

Quand l’éthique renvoie à la question d’équité… ne rejoignez-vous pas Laurent Alexandre sur ce point ?

Vous avez sans doute une approche humaniste de l’éthique, c’est bien.  Mais ça n’apporte rien au problème posé !

A propos de procédure : L’éthique aujourd’hui, devant les techno-sciences, c’est un processus à construire. Un référent à livrer aux intellectuels pour mieux canaliser les pensées. En passant par l’heuristique de la peur… Pour éduquer. Au pire réglementer. Et seulement au pire…. Comme dirait Luc Ferry « mettre la liberté dans le droit chemin ». Notre Think Tank NXU va lancer des ateliers de recherche sur le sujet.

Pour conclure

On sent dans vos propos que le parti pris accapare votre démarche intellectuelle. C’est assez regrettable car je ressens que vous êtes assez loin dans la connaissance de ces sujets. 

Laurent Alexandre semble recevoir positivement vos critiques, et évoque humblement la complexité du sujet. On n’est certes pas à l’abri d’erreur de raisonnement. Une bonne raison pour se méfier. 

Luc Marta de Andrade (@Lucuneed) / Président-Fondateur de NXU 

2 réflexions au sujet de « Débat d’un NXU 1 : critique de la critique »

  1. Aucun soucis. Quand on est exaspéré, on devient soi-même facilement exaspérant, j’entends bien. D’accord pour dire que je réponds aux conclusions hâtives d’Alexandre par d’autres. Par contre, le fait que vous lui prêtiez plus de compétence qu’à moi relève d’un pur argument d’autorité, il a certes investi dans une entreprise qui fait de l’analyse génomique, mais cela ne lui donne pas nécessairement une compétence sur l’IA… Je ne connais pas plus ses compétences que vous ne connaissez les miennes. Et encore faudrait-il préciser lesquelles, évaluées par qui, comment ? 😉 On peut parler des années du contrôle de l’IA. Reste qu’aujourd’hui, au stade où en est la recherche et les perspectives d’évolution de la recherche, l’IA autonome est une conjecture que des gens professent mais qui n’a aucune réalité ni perspective concrète. Oui, les systèmes d’IA ont déjà un impact sur l’emploi et l’économie et posent la question de notre modèle de société. On peut tout à fait discuter de notre modèle éducatif, mais pourquoi devrait-il produire uniquement de l’intelligence, de l’optimisation de traitement ? En fait, c’est plutôt déjà le cas de notre modèle actuel quoiqu’en dise Laurent Alexandre, et il ne marche plutôt pas très bien. Oui, l’intelligence est inégalement distribuée. Oui elle est déjà un pouvoir. Mais le but de la société est de le compenser, de l’équilibrer, pas d’en renforcer les déséquilibres. Quant à la croissance exponentielle, faut-il rappeler que nous faisons l’expérience de la finitude de notre monde, et notamment de ses ressources naturelles (de l’énergie, des métaux, etc. …). Bon à voir le positionnement de votre Think Tank, je ne suis pas sûr que nous trouvions beaucoup de terrain d’entente sur toutes ces questions. Bien cordialement !

    1. Si vous avez bien lu mon texte je précise que je lui accorde plus de compétences que vous et moi en biotechnologies. Je précise « sauf si vous êtes biologiste.. . » . Il n’y a surtout pas d’argument d’autorité. C’est tout ce que je réfute.
      Je suis d’accord avec vous concernant l’IA et pense que Laurent Alexandre en fait un peu trop. Mais je pense profondément que même les spécialistes feraient bien d’être prudents. Et j’en connais! Parce qu’on n’est pas au bout de l’innovation ! Il ne sert à rien de rejeter en bloc sans douter. C’est un peu ce que je vous reproche.
      Personne n’a dit non plus que notre système éducatif ne doit produire que de l’intelligence. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas s’en occuper plus sérieusement qu’actuellement. Parce que l intelligence est le pouvoir. Je suis d’accord avec Laurent Alexandre sur ce point.
      La croissance exponentielle, vous évoquez un débat politique que je me refuse de traiter dans NXU. Par contre, à titre personnel, je redoute le faux problème. La croissance, que vous vous posiez le problème de la finitude de nos ressources, vous n’y changerez rien en posant le problème ainsi. Cette approche est inutile, voire contre productive.

      Pour finir avec NXU, vous avez encore une fois des idées préconçues. Fouillez notre site et surtout les publications philosophiques. Peut être vous y trouverez de l’intérêt et des terrains d’entente 😉
      Cordialement,
      Luc

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