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Chronique d’un NXU 9 : Philosophie ou éthique ?

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Philosophie ou éthique ?

La question se pose, et elle a émergé entre nous, de savoir si l’éthique (la commission NXU sur l’éthique) doit ou non être intégrée à la philosophie (à la commission NXU sur la philosophie). Cette intégration peut être provisoire évidemment.

Cependant, la question est comme l’on dit une question de jure. L’éthique possède-t-elle une autonomie en elle-même ? La philosophie aurait-elle une sorte de droit de regard sur l’éthique et comme une compétence particulière — de fait les philosophes les plus médiatiques, au moins en France, sont tous des sortes d’éthiciens ?

Rien n’est moins sûr, et pour au moins deux raisons :

1/ l’éthique est moins une discipline qu’un champ de questions. Ou du moins, il faut s’entendre sur le mot « éthique » qui fait florès dans tous les discours contemporains. La philosophie peut intervenir sur cette question en clarifiant sinon la notion d’éthique, du moins en présentant les différentes théories éthiques dans la philosophie contemporaine (conséquentialisme-déontologisme-éthique des vertus ; métaéthique/éthique normative/éthique appliquée…)[1].

2/ l’éthique est plutôt un ensemble de questions communes aux différents domaines que NXU a sélectionnés et des travaux que mène(ron)nt les commissions qui sont chargées d’en traiter. Par exemple, on peut dire que les débats sur l’IA et la cognition, sur les usages sociaux de l’IA, sur la cyber-sécurité, sur la robotique, sur l’autonomisation et l’automation du champ de bataille, sur les mutations sociales du monde du travail, sur les modèles en macro-économie posent tous directement ou in fine des questions fondamentalement éthiques (responsabilité humaine en dernière instance ; liberté individuelle au fondement de la démocratie libérale ; responsabilité collective vis-à-vis des générations futures ; statut de la personne et de la considérabilité morale, limites de la perfectibilité humaine, posthumaine …)

Donc l’éthique est certainement notre souci commun puisqu’il concerne la préservation d’un certain sens de l’humain (lequel, dans quelles limites ?) impliquée ou menacée, ou à redéfinir par la reconfiguration du monde social global par les NBIC. Dans ces conditions, on pourrait dire que l’éthique est la méta-question des questions NBIC.

 

Laurent Cournarie
Commission philosophie et collège scientifique de NXU

 

[1] Nous pouvons personnellement proposer, pour juin 2018, un article qui pouvant servir d’introduction générale à l’éthique philosophique contemporaine.

 

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